Des puces dans le métro
Les cartes mensuelles du métro de Montréal sont en plastique léger très coloré, avec une bande magnétique au dos. Les cartes hebdomadaires ont aussi une bande magnétique mais elles sont en carton. Pour un aller simple, il faut utiliser un ticket de métro, en papier mâché, vendu à l’unité ou en “lisière de 12″.
Jusque là, rien de très compliqué.
Là où ça devient rigolo, c’est pour les correspondances bus-métro: il faut déposer votre ticket de métro dans une sorte d’urne en plastique… ou bien le montant exact en pièces, comme vous préférez. Ensuite le chauffeur vous donnera un ticket qui ressemblera à un ticket de métro, mais plus long. Ce ticket long sert à franchir les tourniquets.
Pour les correspondances métro-bus, c’est encore différent: on doit prendre une languette de papier dans les stations (oui, ces drôles de bornes avec un gros bouton) qu’on déposera ensuite dans un sachet plastique, en montant dans le bus.
C’est archaïque et ça fraude allègrement. C’est d’ailleurs très facile. Les billets sont avalés par les tourniquets donc une fois qu’ils sont franchis, il n’y a plus de contrôle nulle part. Et puis, quand les guichetiers s’absentent pour soulager leur vessie, tout est ouvert. Entrez, c’est gratuit!

Dans ce système, ce qui me complique le plus la vie, c’est que pour acheter des billets ou même des cartes (mensuelles ou hebdomadaires), il faut aller au guichet. Et au guichet, il faut payer… en liquide! On n’y accepte aucune carte de paiement, ni débit, ni crédit. Et avec une carte mensuelle à plus de 66$, contre 44$ il y a 5 ans, c’est de plus en plus contraignant.
Tout ça, pour moi, c’était jusqu’à cette semaine.
Grand changement dans le métro de Montréal! Voici que les puces font leur apparition. Ou plutôt la carte OPUS.
Mauvaise surprise pour commencer: elle est payante (ben tiens!). Il faut débourser 3,5 dollars pour l’obtenir. Et pour le moment on ne peut l’obtenir que dans les stations de l’est de la ville, entre Viau et Honoré-Beaugrand.
Bonne surprise: l’OPUS est rechargeable à des bornes qui acceptent enfin mes cartes de paiement. En plus, elle remplace tous les types de carte, et même les tickets à l’unité.
Autre bonne surprise: pour franchir les tourniquets, c’est facile: je n’ai qu’à plaquer mon porte monnaie sur les détecteurs pour passer. Ce n’est même pas la peine de sortir ma carte de mon portefeuille.
Autre mauvaise surprise: d’après le journal Métro, la STM envisage de suivre les trajets quotidiens de tout le monde, j’imagine à des fins statistiques. L’ajout de l’identité de chacun sur sa carte n’est pas exclu. Ce sera de toute façon obligatoire pour les gens qui bénéficient d’un tarif réduit, comme les étudiants ou les personnes âgées.
Si Bouche réclame les bases de données de la STM parce qu’il fait la guerre et veut tout surveiller sur la planète, nul doute que la STM les lui donnera sans broncher. Après tout, c’est bien ce que font déjà toutes les compagnies aériennes.
Bah. D’ici là, je prendrai sûrement le métro de Stockholm, Bruxelles ou Vancouver.
juillet 23, 2008 23 commentaires
