Un vendredi au bord du Pacifique
Je sais, je sais, je ne suis pas très bavard, ce mois ci. Mais j’ai de bonnes raisons. D’abord j’ai plein de travail. Heureusement, ça va commencer à se tasser. Et puis je sors beaucoup. Lundi, ce soir, samedi prochain… L’été est à nos portes, il faut en profiter. Vite, vite, avant qu’il ne se remette à neiger.

Il y a deux semaines très exactement, j’ai donc pris un taxi pour l’aéroport de Montréal.
Une fois les contrôles de sécurité franchis, je me suis retrouvé dans la zone “domestique”, que j’ai facilement reconnue: c’était de là que partaient les avions pour l’Europe, avant l’extension de l’aéroport. Mais là, c’est dans l’autre sens que je partais. Cap sur l’ouest, avec plus de 3600 km à traverser entre Montréal et la côte ouest canadienne.

l’est de l’île de Montréal
Dans l’avion, c’est un peu la routine. Je range mon bagage à main dans le peu de place qui reste dans les coffres au dessus. Je fais lever toute la rangée pour aller m’assoir près du hublot (pardon, sorry). Puis j’attends que tout le monde soit installé, ce qui prend toujours un temps fou. Quand on voyage à deux, on peut papoter mais comme je voyage souvent seul, je lis, ou j’observe les gens. Comme ce gros monsieur bruyant qui se vantait d’aller à Sydney.
Le personnel compte les passagers puis ferme les portes (armement des toboggans… et vérification de la porte opposée), nous rabâche les consignes de sécurité (ne gonflez votre gilet qu’au moment de sortir de l’avion), nous rappelle une millième fois que le vol est non fumeur, qu’il y a un détecteur de fumée et qu’on risque des poursuites judiciaires si on se fait choper la clope au bec aux cabinets.

On nous rassure bien vite en nous annonçant qu’il y a une boutique qui sera ouverte pendant le vol, et qu’on pourra y acheter de quoi manger (la monnaie exacte est appréciée). Si tu veux un quignon de pain, tu payes. Si tu as soif et que tu ne veux pas d’eau du Saint-Laurent en carafe, tu payes. Si tu as froid, mets ton manteau. Si tu veux un oreiller pour dormir, tu n’avais qu’à prendre une autre compagnie.
Le confort est aussi sommaire sur les vols intérieurs d’Air Canada qu’avec les vols SAS. Et pour avoir des miles Aéroplan, il faut maintenant payer un supplément lors de la réservation. Et puis quoi encore?
Bah, moi je m’en fiche. J’avais mangé (super trop vite) avant, et puis j’ai pu regarder plein de choses sur mon écran individuel: un navet (I’m a legend, avec Will Smith qui se bat contre les zombies dans un New York détruit par une épidémie) et un bijou (Persepolis, de Marjane Satrapi).
Pendant ce temps là, le soleil n’en finit pas de se coucher. On lui court après mais il finit quand même par avancer plus vite que nous.
Arrivée sans histoire à Vancouver tard dans la soirée. Nuit tranquille au Sheraton Wall Center.

Vendredi avait tout pour être une très belle journée, et elle l’a été. J’étais à Vancouver, une ville que j’avais très envie de découvrir, et en plus, j’ai fait la connaissance de Véronique.

On devait juste prendre un café en fin de matinée mais finalement, on a passé la journée complète ensemble. Une bien chouette rencontre, qui confirme mon idée que les blogues sont un outil extraordinaire pour rencontrer des gens intéressants et gentils comme tout.
Pour ça, je suis gâté, cette année.

Premier objectif, Granville Island, avec son marché et ses maisons flottantes. Le ciel était très menaçant et les températures étaient assez fraîches alors qu’à Montréal, le thermomètre était remonté à plus de 30°.
C’est vrai, la Colombie britannique a peu de choses en commun avec l’Ontario et le Québec. A commencer par le climat. Il a dû tomber un demi centimètre de neige à Vancouver cet hiver contre plus de 5 mètres à Montréal. En revanche, dans les Rocheuses juste derrière, les stations de ski n’ont rien à envier aux plus belles stations des Alpes.
D’ailleurs, c’est là que le monde olympique va se retrouver dans deux ans, pour la quinzaine du blanc.
Il va falloir que je m’organise, pour mon déménagement!

Pour 2,50$, on peut prendre l’aquabus, ce petit bateau très gai, là. En 5 minutes, on se retrouve en face, sous le soleil radieux de Granville Island.


C’est, malgré la grisaille, un très chouette endroit. Pour le bord de mer, d’abord. Ou plutôt, de l’océan, puisque c’est vrai que Vancouver fait face à l’océan Pacifique.
Quoi? Comment ça, vous ne voyez pas les cocotiers?

C’est aussi un chouette endroit pour son marché très coloré, très agréable. Un “Jean-Talon” vancouvérois.


Avec des fleurs, des légumes…

et des framboises albinos.

Et aussi des merveilles du vieux continent, pourtant à 10 000 km!


Donc à Vancouver, parfois, il pleut. Moi, le Montréalais, j’étais parti les mains dans les poches. Il a fallu faire quelques achats dans des boutiques de produits locaux.



Véronique en a profité pour acheter un parapluie tout neuf. La Rolls Royce du parapluie de l’ouest canadien, en tissu “qui sèche plus vite que son ombre”.

Nous étions parés pour faire le tour des maisons-bateaux (houseboats) de Sea Village, à deux pas du marché.

C’est amusant. Les maisons montent et descendent, au gré des marées.

Vous vous doutez bien que ça coûte une fortune d’habiter là, même s’il y a un petit peu de vis-à-vis.




Et puis… Aaahh… Oooh…
Une goutte…
Deux gouttes…

Ah non… fausse alerte!
Finalement, mon parapluie ne m’a pas servi du week-end.

Avec les trois heures de décalage horaire entre la côte ouest et la côte est, le creux de midi se fait encore plus sentir. La proximité de la mer ou de l’océan me donne toujours envie de manger du poisson.
Véronique m’a emmené à la Salade de fruits, le café-restaurant du centre culturel français. Saumon sauvage du pacifique pour elle. Cassolette de pétoncles pour moi. Un peu de vin blanc. On ne peut pas renier nos origines.


vous cousez? il y a des soldes chez pfaff jusqu’à fin juin!

Le reste de ce quartier est plutôt résidentiel et n’a pas un grand intérêt, alors nous avons pris un bus pour traverser toute la ville jusqu’au nord et voir les rives de North Vancouver.

Là, le beau temps est revenu et ne nous a plus quittés.

La grisaille de l’ouest canadien, c’est une légende urbaine. Les Vancouvérois disent ça pour que les Montréalais et les Torontois n’aillent pas tous s’installer chez eux.

Le petit blouson qui me paraissait bien mince le matin est vite devenu encombrant. La température est facilement montée au dessus de 20-25°.

J’ai trouvé les Vancouvéroises très court-vêtues, sinon. Je ne sais pas si c’est toute l’année…

Imaginez que vous êtes à la gare centrale, à Montréal. Vous prenez un train pour Vancouver. Ça vous prend des jours et des jours pour traverser le pays. Et bien, à la fin, vous arrivez là:

Plus à l’ouest, c’est impossible. Ou alors vous allez vous retrouver au Japon.

Avec un ticket de métro zone 2, on peut prendre un bateau pour le quartier de North Vancouver. La traversée prend quelques minutes. Là, on a une belle vue. C’est exactement ce qu’on a fait.

Avec les Rocheuses au fond.

… et l’océan pacifique derrière le parc Stanley, à gauche.


Là, je ne sais pas pourquoi: impossible de me défaire d’une chanson qui m’a trotté dans la tête toute la journée.

je chaaaante dans le port de Vancouveeeeer

Une petite photo pour jouer aux touristes… un p’tit tour sous le soleil radieux de la Colombie britannique.

Puis nous sommes partis faire un tour de Gastown, le plus ancien quartier de Vancouver, puis du quartier chinois, histoire de changer d’ambiance.
Et ça, c’est pour la prochaine fois. Bon week-end!
juin 19, 2008 19 commentaires
