Le blogue-trotter d’Olivier de Montréal
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Référend’homme en Irlande

Ce 12 juin est une date importante pour les 500 millions de citoyens européens: c’est aujourd’hui que les électeurs irlandais votent pour ratifier, ou non, le Traité de Lisbonne.

Ce traité, je vous en ai déjà parlé, permettrait d’améliorer le fonctionnement de l’Europe élargie. Ce serait une première étape vers plus de démocratie, avec plus de pouvoirs pour les parlements nationaux et pour le parlement européen, une Commission remaniée et allégée et, enfin, un visage pour incarner le continent avec l’élection du président de l’UE à la place des présidences tournantes, une tous les six mois.

Déjà 17 membres sur 27 ont ratifié le traité par la voie parlementaire: Hongrie, Slovénie, Malte, Roumanie, France, Bulgarie, Pologne, Autriche, Slovaquie, Portugal, Danemark, Lituanie, Lettonie, Allemagne et Luxembourg. Les parlements de Finlande et d’Estonie ont ratifié le traité hier.

Or, la Constitution irlandaise interdit de ratifier un traité autrement que par un référendum. Et comme il y a trois ans en France et aux Pays-Bas, un “non” ferait tout capoter, et on devrait encore attendre des années avant que l’Europe ne s’en relève.
Le scrutin est serré, et la campagne est rude.

Affiche irlandaise pour le oui

J’espère bien que les trois millions d’électeurs irlandais ne vont pas bloquer, comme l’ont fait les électeurs français et néerlandais, la ratification de ce nouveau traité. Repousser le Traité de Lisbonne conforterait ceux qui veulent empêcher l’UE d’être plus qu’un grand marché intégré, à l’anglaise, à commencer par la Maison Blanche.
L’UE doit avancer, notamment sur l’intégration politique. Et c’est urgent. Pendant ce temps là, la Chine grandit.

L’Europe doit pouvoir parler d’une seule voix si elle veut se faire respecter par ses partenaires sur des enjeux fondamentaux comme le réchauffement climatique, l’énergie ou le bien-être de ses habitants. Elle devra être encore plus unie si elle veut promouvoir ses valeurs comme la démocratie, les droits de l’homme (dont l’interdiction universelle de la peine de mort) et la paix.
Aujourd’hui, c’est la cacophonie.

Alors oui, c’est vrai, c’est regrettable que les chefs d’État et de gouvernement évitent avec grand soin de consulter leurs électeurs, pour éviter un “non” comme en France et au Pays-Bas en 2005. C’est vrai que ce n’est pas une preuve de confiance, mais il faut aussi constater que les électeurs européens se servent des consultations européennes, organisée à l’échelle nationale, pour exprimer leur défiance à leur gouvernement national, sur des enjeux nationaux. La démocratie à l’échelle de l’UE reste à créer.

Si on m’avait demandé mon avis, j’aurais bien sûr préféré un grand référendum organisé le même jour dans toute l’Union, de Riga à Dublin, un peu comme c’est le cas pour les élections fédérales canadiennes ou américaines. On arrive bien à faire voter les Européens pour un concours de chanson, alors à quand une élection “fédérale” européenne? Ou mieux, celle du président européen au suffrage universel après une campagne dans toute l’Union? Surtout s’il est sexy comme sur cette affiche.

Résultats ce soir, dans vos journaux.

Ajout à midi: la Grèce vient de ratifier le traité à son tour. Nous en sommes à 18/27.

juin 12, 2008   22 commentaires