Le blogue-trotter d’Olivier de Montréal
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Le calme après la tempête

Je me suis réveillé d’assez bonne heure, dimanche matin. La tempête, le décalage horaire, quelques mauvais rêves… A peine levé, j’ai jeté un coup d’œil par la fenêtre. Le gros de la tempête était passé.
Petit déjeuner léger: une compote de pomme, un jus de fruit, une tranche de pain… puis j’ai enfilé mes bottes, saisi la pelle et hop! J’ai entrepris de dégager le balcon avant.


samedi après-midi

Ça m’a pris une bonne demi-heure. Il y en avait un bon paquet, et la neige était lourde et collante.


dimanche matin

Après, j’ai attaqué le balcon arrière. Je ne me plains pas. Deux balcons, ce n’est rien du tout. Quand on n’a pas de voiture à déneiger, à Montréal, l’hiver est bien plus supportable.


dimanche midi

Dans le quartier, l’été, il y a un jardinier qui s’occupe des pelouses. En hiver, donc six mois par an, il délaisse les pelouses et s’occupe du déneigement. Il n’a pas chômé, cette saison. Rien que pour cette tempête, il a passé la matinée sur trois allées.


Je n’ai jamais vu les jardins arrières aussi submergés. La propriétaire a abandonné son accès à la ruelle. Les voisins aussi ont capitulé: tant pis pour l’accès au cabanon…




Chériiii? Et si on mangeait dehors?

C’est simple, on ne voit même plus les clôtures, ni les haies, ni rien. Toute la ville est recouverte par plusieurs dizaines de centimètres de neige.



Dans la rue, c’était tout de même assez effervescent. Tous les automobilistes étaient déjà là, armes à la main, pour tenter de dégager leurs chars. Heureusement que cette tempête de la décennie s’est produite un dimanche, et pas un lundi matin.

Vous vous souvenez des tentes tempo que je vous montrais l’automne dernier? Elles n’auront jamais été aussi utiles qu’en ce moment. Elles sont pratiquement ensevelies, elles aussi.

Comme j’avais mon appareil photo, on m’a pris pour un touriste. :) Une dame m’a lancé:

- C’est beau, le Québec, hein?

Si j’avais eu l’accent québécois et une pelle à la main, je suis sûr qu’elle aurait dit :

- Chasuble de neige d’ostensoir!

;-)

J’exagère un peu, parce que tous les gens que j’ai croisés étaient souriants. Comme cette dame, qui a tenu à poser sur la photo à côté de tout ce qu’elle a soufflé et pelleté depuis le début de la saison. Impressionnant, non?

Et oui, les Québécois chiâlent, sacrent, sont en tabarouette contre toute cette marde blanche… mais tout de même, des tempêtes pareilles, c’est impressionnant, et on est un petit peu fier de vivre ici, malgré un climat qui nous montre de temps en temps qu’il sait être hostile. On est des survivants, quoi… :-P

Alors la bonne blague du jour, c’est que j’avais réservé une communauto pour aller faire l’épicerie. Et que j’avais oublié la tempête… Je me suis rendu sur le stationnement. Surprise. Un tas de neige à moitié écroulé dessus. Une neige toute dure, que je n’avais pas du tout envie de pelleter, surtout avec une morsure de requin toute juste soignée.


Tant pis, je payerai la location pour la journée…

Je l’ai laissée là et je suis reparti. Direction le boulevard Henri-Bourassa, par la rue de Neuilly la rue d’Auteuil.

Même dans les belles rues bordées de maisons cossues, il faut manier la pelle!

Par endroit, les trottoirs avaient carrément disparu. Et les voitures aussi.

Il y a une invention fort pratique, en cette saison, c’est la souffleuse. A mon avis, ceux qui en ont acheté une cette hiver l’ont déjà bien amortie.

A part le ronronnement des souffleuses, et un peu de vent, c’était très calme. Le passage à l’heure d’été a dû servir de prétexte à certains qui préféraient rester sous la couette et ne pas faire la “corvée neige” du dimanche.

Il y a toujours une ambiance très particulière, les lendemains de tempête. On parle toujours du “calme après la tempête”. C’est vrai.

En me rapprochant d’Henri-Bourassa, j’ai croisé une dame, qui m’a dit qu’elle n’en avait jamais vu autant, et qu’elle craignait que les branches de son magnolia ne se cassent. Une autre m’a dit que c’était une belle journée pour faire des photos avec le soleil qui essayait de crever les nuages.

Ce monsieur a voulu prendre la pose alors que son ami était bien occupé à dégager la porte du garage.


c’est ma voiture ou la tienne?

Plus loin, sur le boulevard Henri-Bourassa, un monsieur m’a confié qu’il avait 73 ans et qu’il n’avait pas vu une aussi grosse tempête depuis plus de trente ans. Sa voiture était complètement enneigée. Comme les équipes de la mairie déneigent en priorité les grandes artères, il avait peur qu’un chasse neige ne rentre dans sa voiture… Il était bien embêté.

Je suis passé par l’épicerie, comme prévu. Là, une caissière m’a abordé, alors que je tapais mes bottes sur le tapis de l’entrée…

- Méchante tempête, hein?

- Oui, c’est impressionnant!

- Vous n’êtes pas d’ici, vous!

- Je suis Français de France, mais je vis ici depuis 5 ans…

Et elle me raconte que cette tempête lui a rappelé celles de son enfance, quand les tas de neige étaient plus grands qu’elle… Les tempêtes, ça rend les Québecois bavards. ;)

Du poisson, du pain, du vin… j’ai repris le chemin de la maison. Puis le ciel a commencé à s’assombrir de nouveau, le vent à se lever et quelques flocons à tomber. Le reste de la journée a été très calme.

Quelle belle première journée d’été!

mars 11, 2008   17 commentaires