1 € = 1,50 $
Le dollar vient de passer, ce mardi soir, sous le taux symbolique de 1,50 $ pour 1 €. Les matières premières, facturées en dollars, n’ont jamais été aussi chères. Le pétrole s’installe durablement au dessus du cours de 100$ le baril. L’or n’a jamais autant mérité son nom de valeur refuge.
D’autre part, la bourse iranienne du pétrole, située à Kish, vient d’ouvrir ses portes avec deux ans de retard. Pour la première fois, une bourse cote et vend des produits dérivés du pétrole dans de nombreuses monnaies (euros, roubles, rials…), mais pas en dollars.

Que Dieu vous bénisse… mais nous n’acceptons que les euros.
Heureusement pour mes économies, le dollar canadien reste solide pour le moment. Il faut toujours 1,47 dollar canadien pour 1 euro. Mais 80% des produits canadiens exportés partent aux États-Unis. Perdre son plus gros client n’est jamais une bonne nouvelle. Le Canada n’est pas à l’abri d’une tempête monétaire.
De son côté, l’Europe est protégée, grâce à l’euro fort, de la flambée des matières premières, mais cela va devenir de plus en plus difficile pour elle de vendre ses produits en zone dollar. Aux États-Unis, si les produits exportés vont être de plus en plus bon marché à l’étranger, l’inflation galopante menace car il faudra bien payer les importations au prix fort, notamment le pétrole, dont le pays est friand.
Et que faire, si les entreprises américaines, moins chères en monnaies étrangères, se retrouvent convoitées par des intérêts étrangers? Que dira-t-on aux États-Unis, le jour où une entreprise chinoise ou allemande voudra faire une OPA hostile sur Google ou Microsoft?
L’économie mondiale souffre de graves déséquilibres. C’est évident.
Aux États-Unis, les dettes (publiques et privées) sont énormes, le marché immobilier est malade, la finance s’enrhume, la confiance des consommateurs plonge, mais George W. Bush juge que la période actuelle n’est qu’une période “de ralentissement”.
Son plan de relance de l’économie ne semble pas porter ses fruits. Normal. Quand ils vont recevoir leur chèque de réduction d’impôts, les foyers endettés ne vont pas consommer plus, ils vont surtout (un peu) se désendetter. L’argent ira pour l’essentiel des coffres de l’État fédéral vers les caisses des banques.
En même temps, ce plan de relance creuse les déficits, qui n’ont jamais été aussi élevés, alors que le pays est encore engagé dans un conflit qu’il ne peut gagner. Un conflit ruineux en termes économiques, politiques, humains, d’image… les dommages sont considérables.
Même après la fin de l’engagement américain en Irak, il faudrait une politique de rigueur très sévère, pour remettre les finances de l’État à flot et restaurer la confiance des investisseurs étrangers, mais quel président en serait capable? Surtout que la croissance américaine n’est entrainée que par la consommation, et qu’une augmentation des impôts pousserait encore plus d’Américains à la faillite. Il y a déjà eu des millions de personnes mises à la rue à cause de la crise des subprimes… Alors, quelle solution?
Il faudra des années pour réparer les dégâts causés par l’administration Bush depuis 8 ans.
Si vous comprenez l’anglais, cette vidéo est intéressante, notamment pour les chiffres (attention, cette vidéo provient de l’entreprise McAlvany qui recommande à ses clients les investissements dans les métaux précieux, au détriment du dollar. C’est donc un peu orienté, mais tout de même très éclairant).
En même temps, il semble, aux yeux des économistes que l’économie européenne s’est découplée de l’économie américaine (source Yahoo). “Il y a un contraste entre les États-Unis, où les inquiétudes d’une entrée en récession économique montent, et la zone euro, où les choses semblent plutôt bien aller pour le moment”, a expliqué David Gilmore, analyste de Foreign Exchange Analytics. C’est rassurant.
Ça serait très appréciable pour tout le monde si l’Union Européenne pouvait prendre le relai des États-Unis et devenir le moteur de la croissance mondiale. Surtout si le dollar s’effondre d’un seul coup dans les prochains mois. On aurait alors bien besoin d’une nouvelle monnaie mondiale, stable et solide.
Mise à jour mercredi 27 : l’euro est déjà passé au delà de 1,51$, ce soir. La banque fédérale américaine devrait encore baisser ses taux dans les prochains jours pour essayer de relancer l’activité économique. La croissance prime sur l’inflation dans les priorités de la Fed.
Mise à jour jeudi 28 : l’euro dépasse le taux de 1,52$. Les marchés mettent le cap sur 1,55$ ?
février 27, 2008 18 commentaires
