Super mardi : Barack ou Hillary ?

Nous sommes mardi. Pas un mardi comme un autre, non. Aux États-Unis, c’est un super mardi. Le jour où les Démocrates et les Républicains de 24 États choisissent leur candidat pour l’élection américaine de novembre. 24 États sur 50, c’est presque la moitié. Autant dire que cette journée est très importante pour les aspirants à la Maison Blanche.
Vous l’avez lu dans vos journaux, John McCain espère obtenir un avantage décisif dans le camp républicain, tandis que la bataille dans le camp démocrate se concentre autour de deux personnalités: Hillary Clinton et Barack Obama.
Que ce soit au Canada, en Asie, en Europe, en Amérique latine… tous les médias vont décrypter cette journée de primaires. A moins de se cacher au fond d’une grotte jusqu’à l’échéance de novembre, il va être difficile de ne pas savoir qui seront les deux adversaires qui s’affronteront en finale. On en parlera partout, partout, partout… et en permanence.

Or, pendant ce temps là, les 27 États membres de l’Union Européenne ratifient un à un le Traité de Lisbonne. Quatre États l’ont déjà fait: la Hongrie, Chypre, Malte et la Roumanie. Et parmi les avancées du traité, il y a l’élection du président de l’Union.
Un demi-milliard de citoyens européen va donc avoir un président élu l’année prochaine… mais personne ne le sait. Ni au Canada, ni en Asie, ni en Amérique latine. En Europe, même, je crois que tout le monde s’en moque.
C’est vrai que le président européen ne sera pas élu au suffrage universel, comme c’est le cas aux États-Unis. C’est vrai qu’il ne sera élu ”que” par les chefs d’État ou de gouvernement des 27 États membres, et pour un mandat bien court, de deux ans et demi au lieu de quatre ans. Et puis on sait bien que cette personne aura bien peu de pouvoirs en comparaison avec son collègue d’outre-Atlantique.
Mais tout de même. Ce sera enfin un visage, pour l’Union Européenne, et ce fameux numéro de téléphone à composer pour contacter les Européens, même s’il est clair que dans les faits il faudra encore appeler la présidence de la Commission et les grandes chancelleries européennes.

A mon avis, les choses auraient été différentes si les chefs des 27 avaient eu le courage et la volonté de mettre en place une élection au suffrage universel direct, le même jour, dans toute l’UE. Même si la fonction de président européen n’aura probablement qu’un poids symbolique dans un premier temps, cette élection aurait été un grand pas dans le processus de démocratisation des institutions européennes. Laisser les citoyens européens choisir leur président aurait permis de réduire le fossé qui sépare les institutions des citoyens. Rien que cet objectif, ça en aurait valu la peine.
Au lieu de ça, la décision reviendra aux chefs d’Etat. On apprendra un matin qui préside l’Europe, comme on a appris un matin que la future monnaie unique ne s’appellerait pas l’écu, mais l’euro.
De toute façon, j’espère que cette élection du premier président européen ne se fera pas en catimini. J’espère aussi que les journaux européens couvriront cette élection présidentielle européenne autant que l’élection présidentielle américaine, ne serait-ce que pour faire un peu pression sur les 27, et qu’on ne nous impose pas Tony Blair comme premier président. Un Anglais président de l’Europe, ça serait le comble, alors que la Grande-Bretagne freine des quatre fers depuis son adhésion en 1973.
Sinon, quel pronostic pour vous, pour le duel de novembre à la Maison blanche?
Pensez-vous que Barack Obama accepterait d’être le vice-président d’Hillary Clinton si elle était élue?
Que pensez-vous d’un président qui a un nom de french fries?
février 5, 2008 17 commentaires
