Ah, les différences culturelles! Vaste sujet!
On peut y être confronté un peu partout, même dans son propre pays, si on accepte de rencontrer et de fréquenter des gens d'âge, de région, de culture, de milieu différents. Parfois on se demande si on vit sur la même planète! :)

- Madonna, c'est une vieille!
- Quoi, le mur de Berlin? Ouais, mais je suis né en 90, alors bon...
- Les Parisiens, c'est tous des congs!
- Tu vis à Montréal? C'est vrai qu'ils ont un accent, là-bas? Il fait froid en hiver?
- C tro kool, tu D chire sa mere!

Des "surprises culturelles", j'en ai déjà eu plein!
Quand j'étudiais l'Histoire à Versailles, par exemple, j'ai été assez surpris quand Armelle, fille et soeur de militaires, m'a très gentiment proposé de l'accompagner avec d'autres amis... pour faire le pélerinage de Chartres! Armelle était scout d'Europe, mais c'était une chouette fille et on s'entendait bien quand même.

Je me souviens aussi très bien de ce dîner entre hommes, quelques années plus tard, où tout d'un coup les convives se sont mis à parler au féminin (mais qu'est-ce-qu'elle me veut, celle-là?). Même mon hôte, un baraqué sympa qui faisait de la photo et collectionnait les reptiles dans ses vivariums, s'y était mis. Moi, disons que ce n'était pas trop mon style... Et donc je n'ai jamais revu le gars en question.

Mais peut-on parler de choc culturel, pour ces situations là? Non, pas tellement.

En revanche, mon passage éclair dans le milieu des développeurs en informatique, ça, c'était un vrai choc culturel! Je crois que j'ai eu tous les symptomes que liste l’Association canadienne pour les Nations Unies:
- Sentiment de déracinement
- Dépaysement
- Frustration, colère
- Nostalgie
- Refus de s’intégrer à la communauté
- Refus de parler la langue de la culture d’accueil

J'ai passé presque un an dans ce milieu, à essayer de développer des applications pourries dans un langage obsolète, et j'ai fui ce monde là dès que j'ai pu. Aux pauses café, ça parlait en code, avec des références bizarres et pas drôles. En plus, c'était à la Défense. L'horreur, quoi.

Un autre monde étrange où j'ai bien été obligé de passer quelques mois particulièrement pauvres intellectuellement, c'est l'armée française. Là encore, c'est un milieu assez fermé. J'y ai appris à faire semblant de balayer une cours, pourtant impeccable, et avec un rateau à feuilles (y'a pu d'balai!), à marcher au pas et à tamponner des dossiers pour une mégère. On rajoute un peu de tir au Famas, un essai de masque à gaz, quelques exercices idiots et une ambiance très kaki: un cocktail idéal pour un choc culturel garanti.
Vous me croirez si je vous dis que je n'ai aucune nostalgie de cette époque ? :)

En ce qui concerne le Québec, j'ai beaucoup parlé ici des chocs culturels que ressentent les immigrants.
Le crédit, l'électroménager (laveuses, frigos...), le travail, la langue française, le climat et l'habillement, les poids et mesures, l'alimentation... je ne vous ai rien épargné!
Vous le savez, maintenant, ici, ce n'est pas comme là-bas, je vous renvoie donc aux archives pour tout ça. ;-)


on laisse la file de gauche dans les escalators, siouplé!

Sinon, quand on voyage un peu, c'est très facile d'être étonné par les us et coutumes des pays que l'on visite. Dans les pays du Golfe, par exemple, il est de bon ton de roter en fin de repas pour faire savoir qu'on a bien mangé. Au Japon, c'est très grossier de se moucher en public, et on donne sa carte de visite des deux mains.
A Evian, les restaurateurs n'aiment pas qu'on commande un Perrier. A Vittel, ils n'aiment pas qu'on commande une Evian.
Aux Etats-Unis, le café est infâme, et en Italie, c'est dommage de prendre du thé.
On dit aussi que le choc culturel est tellement intense pour les touristes qui se rendent en Inde, que certains peuvent souffrir de troubles du comportement!
Enfin, à Montréal, c'est bien connu, on vit sous terre en hiver. LOL

Alors quand on voyage, on s'adapte: on retire ses chaussures pour visiter la superbe mosquée de Cordoue ou quand on visite ses amis québécois en hiver. On dîne à 17h à Copenhague mais à 22h à Madrid. On se tasse à droite sur les routes de Grèce... Ce sont toutes ces différences qui rendent les voyages intéressants.
Quand on s'expatrie, on s'imprègne de toutes ces différences jusqu'à ne plus être surpris du tout. Et là, il est temps de repartir. :)

Et pourtant, il y a deux trois petites choses... Comment dire... Je ne m'y fais pas!

1 - le beurre salé:

On ne conçoit pas le beurre autrement, en Bretagne. Moi, je n'aime pas trop saler la confiture de framboises au petit déjeuner.

2 - rouler à gauche :


merci à thomas pour la photo!

En Grande-Bretagne, bien sûr, mais aussi à Malte, au Japon, en Australie, à l'île Maurice... Ce n'est déjà pas bien facile de faire un créneau quand on roule à droite, mais alors dans l'autre sens... Heureusement, on roule à droite en Europe continentale et en Amérique du Nord. Pour les poids et mesures impérales au Canada, je ne cherche même plus à convertir. Après tout, le pays est passé depuis plus de trente ans au système métrique. Na!

Et le pire:

3 - les toilettes allemandes:

J'ai fait plusieurs séjours et visites en Allemagne. Et à chaque fois, ben non. Je ne m'y fais pas!
On en parle même sur Arte! Je vous laisse deviner pourquoi c'est atroce.

Les chocs culturels, c'est donc le sujet de la rédac'blogue de novembre. Allez vite lire les billets de Laurent, Bergere, Bertrand, JvH, Jean-Marc, Lady Iphigénia, Julien, Isabelle, Christophe, Hibiscus, Alcib, Bluelulie, Anne, Joël, Chantal, Loïc & Hyun-Jung, Looange, Marie, Anne B, V à l'ouest, Froggie, Nathalie et Jo Ann v! Oui, nous commençons à être nombreux. :) Ca vous dirait de rejoindre l'équipe, en décembre?

A lire aussi: le billet de Nat, qui est partie de Toronto pour le nord du Japon.